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20 Feb

La bataille de Verdun : cent ans demain..

Publié par COMMUNE D'IRVILLAC

La bataille de Verdun : cent ans demain..

Demain, dimanche 21 février il y aura cent ans que débutait l'horreur de la bataille de Verdun..

Deux irvillacois au moins, sont morts au champ d'honneur durant les mois qui ont suivi..

- Charles Marie Goulard, du quarante troisième régiment d' infanterie coloniale ; tué le 6 aout 1916 devant le fort de Vaux ( fort emblématique, avec celui de Douaumont, de la bataille de Verdun) ; l' état civil précise " En raison des circonstances du combat, il ne nous a pas été possible de nous assurer de la réalité du décès" . On retrouve cette mention à plusieurs reprises dans les actes de décès; elle témoigne de l' extrême violence des combats

- François Pierre Gourves du 347è régiment d' infanterie ; tué le 10 juin 1016 à Douaumont avec la mention: les conditions spéciales du combat n' ont pas permis de nous assurer de la réalité du décès"

Citons, pour mémoire, un extrait de l'ouvrage : "Irvillac, une Histoire, un Patrimoine" tome 2 édité par l'association culturelle WAR HENTCHOU IRVILHAG (disponible en MAIRIE D' IRVILLAC)

Entre les premières batailles dans les Ardennes belges et l’armistice du 11 novembre 1918, les Finistériens participent à tous les combats.

Principalement concentrés, au début des opérations, dans trois régiments originaires de la région brestoise, les Irvillacois vont être répartis, au fil de la guerre, dans une vingtaine de régiments, ainsi qu’il ressort de l’unité d’appartenance des tués :

- 19ème régiment d’infanterie : 9 tués, dont 4 en 1914 et 5 en 1915.

- 219ème régiment d’infanterie : 7 tués, dont 4 en 1914 et 3 en 1916.

- 2ème régiment d’infanterie coloniale : 7 tués, dont 4 en 1914 et 3 entre 1915 et 1917.

- Les autres soldats appartiennent à des régiments d’infanterie principalement, mais aussi à un régiment de marine, à 6 régiments d’artillerie (5 tués en 1918), à un régiment de zouaves.

Des Irvillacois sont tués dans des batailles dont le nom est resté célèbre :

- La Marne : 3 morts en août et septembre 1914.

- Dixmude : 1 mort le 10 novembre 1914.

- Douaumont : 1 mort le 10 juin 1916.

- Fort de vaux : 1 mort le 6 août 1916.

- Salonique (Grèce) : 1 mort le 3 décembre 1916.

- Bois de la Grurie (Marne) : 2 morts les 3 et 4 novembre 1914 et un autre le 26 octobre 1915. Surnommé par les soldats « bois de la tuerie », d’incessants combats s’y déroulent de septembre 1914 à la fin 1915.

- Butte de Tahure (Marne) : elle est l’objet de plusieurs violentes batailles. 4 Irvillacois y sont tués entre septembre 1915 et mars 1916.

La violence des combats est attestée par des mentions accompagnant, dans quelques cas, l’acte de décès : « vu les circonstances des combats, il ne nous a pas été possible de nous assurer de la réalité du décès » « disparu lors d’une attaque de nuit » « tué par une grenade dans les tranchées. »

Deux Irvillacois sont morts en captivité. L’un, blessé et capturé lors des premiers combats, meurt à Erfürt le 4 septembre 1914. l’autre décède le 6 novembre 1918 à Bibergen. Les actes de décès, rédigés en allemand, furent transmis en France pour être retranscrits sur l’état civil. Par ailleurs, quelques soldats gravement blessés dans les combats reviennent à leur domicile pour y mourir.

Si les premiers tués au combat le sont dès le 22 août 1914, c’est à dire trois semaines seulement après leur mobilisation, plusieurs meurent dans les derniers mois de la guerre : Jérôme Morvan est ainsi tué dans l’Oise le 18 août 1918 « par éclats de bombes d’avions ennemis ». Jean Marie Le Borgne meurt de ses blessures, sur un champ de bataille de Belgique, le 25 octobre 1918.

Les courriers des soldats

Durant la guerre, les soldats et les familles peuvent s’adresser des lettres en franchise postale, mais on ne peut tout dire ; il n’est pas permis de donner des précisions sur les batailles en cours ou sur les pertes. Les bureaux du contrôle postal aux armées veillent, décachètent les enveloppes et noircissent ce qui est illicite dans la correspondance.

Une série de courriers de soldats d’Irvillac avec leur famille a été gracieusement mise à la disposition des auteurs. Plusieurs constats généraux en ressortent :

- Ce sont des messages courts, portés au dos de cartes postales et assez souvent écrits au crayon papier.

- Tous les courriers sont écrits en français[1] et sont bien orthographiés. Rappelons que ces soldats, tous bretonnants, avaient appris le français à l’école et vivaient désormais dans un univers francophone.

- L’essentiel du message consiste à préciser que l’on est en bonne santé et que l’on aspire à bénéficier d’une permission. Des colis sont réclamés.

- Conformément aux consignes données, peu d’événements concernant la guerre sont rapportés.

Toutefois, une vingtaine de correspondances apportent des éclairages sur le conflit. Nous en citons quelques-unes de manière chronologique.

1914

Yves, en caserne à Saint Brieuc, écrit à son grand-père le 13 septembre : « je suis à l’entraînement, j’ai touché un fusil et une baïonnette ». Puis le 21 septembre : « nous avons quitté la caserne pour faire place aux prisonniers allemands ; il en arrive tous les jours. Ce sont des gens à peu près comme nous ; il n’y a que leur regard qui est plus farouche. »

1915

La dureté des combats apparaît : « c’est terrible pour l’infanterie… j’ai risqué ma vie plus d’une fois » (14 mars). Pierre écrit le 2 avril à sa chère Marguerite « Me voilà arrivé encore dans les tranchées depuis quelques jours ; les boches ne sont pas trop commodes. Nous voilà au 9ème mois de la guerre et ce n’est pas encore fini, même je ne crois pas que ça finira encore tout de suite ». Le 18 juin, Jean Marie, plus optimiste « pense que la guerre finira bientôt. Vivement afin qu’on retourne encore au pays breton. »

1916

C’est l’année de Verdun.

Jean écrit le 31 mars « nous sommes toujours ici sans être plus avancés ; c’est terrible quand on pense quelle vie on a ». on apprend aussi, le 16 novembre : « ça va toujours de pire en pire et on ne parle pas encore de paix. Que c’est bien triste » ; le 1er décembre : « Le calme règne dans le secteur ; il n’en est pas ainsi à quelques kilomètres où une grande bataille est en cours ». Autre observation, le 2 novembre : « les tombes des soldats morts au champ d’honneur sont avec couronnes, fleurs et drapeaux ; mais hélas, cela ne leur rendra pas la vie »....

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[1] Dans une famille de la commune, un soldat écrivait ses cartes, soit en breton, soit en français.

La bataille de Verdun : cent ans demain..
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